Gouttes de mots | Bernard Massoubre

C’est une rentrée précoce pour moi sur le blog cette année ! Après vous avoir délaissés pendant plusieurs semaines (pardon, pardon, pardon), je reviens en force (j’espère !), avec tout d’abord, ce petit recueil de poèmes. Il m’a été envoyé par les éditions des Maisons Ernest, et je les remercie pour cela ! Même si je ne suis pas une lectrice de poèmes (même si oui, j’en ai écrits parfois), je suis ravie de pouvoir brièvement chroniquer ce recueil, composé de 42 poèmes répartis en trois grandes thématiques : le temps, l’espace et les mots.

En bonne adepte de la structure thèse/antithèse toussa, je vais aborder en premier lieu de ce qui ne m’a pas plu dans ma lecture, pour ensuite m’attarder sur les points positifs, et les poèmes que j’ai beaucoup aimé.

Pour parler honnêtement, il y a plusieurs poèmes auxquels je n’ai pas, en partie ou du tout, accroché, et souvent à cause des mêmes raisons. Tout d’abord, il y a parfois l’utilisation de mots familiers qui dénotent avec le reste du vocabulaire. Par exemple, j’ai beaucoup aimé le poème sur la dégradation de la mémoire de la Shoah, Le temps ne fait rien à l’affaire : le sujet est fort, puissant, et infiniment important. Mais le mot « con » m’a interpellé : la poésie est censée faire appel à l’essence même des mots, or le mot con désigne le sexe féminin, et la féministe en moi s’est révoltée de voir ce terme attribué pour qualifier des gens qui déshonorent la mémoire d’un tel passé historique. Ensuite, j’ai trouvé certaines rimes très spéciales, qui ne s’enchaînent pas de manière fluide ni même logiques (mon esprit cartésien a parfois été mis à mal). Certains mots sont clairement forcés dans leur contexte (le mot « superfétatoire » dans Prévision d’avenir, par exemple). Cela, mis en relation avec des problèmes de rythme et d’alternance de rimes étranges, comme dans Sur la terrasse, L’ouest américain, rend malheureusement des poèmes très bien en poèmes moyens (attention, cela n’engage que moi, qui ne suis pas professionnelles littéraire, hein !). Parfois, j’ai eu l’impression d’avoir des vers uniquement pour faire des rimes, mais sans qualité ni sens (dans La pluie, par exemple, j’ai beaucoup aimé les sonorités du dernier paragraphe, mais les rimes…). La présence de clichés comme dans le premier paragraphe de Le loch ness, m’a également parfois un peu ennuyée. Enfin, il y a certains poèmes qui ne m’ont tout simplement pas embarquée, je pense notamment à Un avenir sombre, ainsi qu’aux trois derniers poèmes du recueil : le premier, je me suis perdue dans les vers et je n’ai pas réussi à trouvé la petite flamme « qui fait que » du poème, qui se veut pourtant activiste et dénonciateur. Pour les autres, j’ai tout simplement eu un sentiment de bâclage.

Aller, soyons plus sympa maintenant (il est bien plus facile de déblatérer sur ce qu’on n’a pas aimé plutôt que l’inverse…), il y a des poèmes que j’ai beaucoup aimé (ouf !). Le vent et Ode au soleil en sont de bons exemples : rapides, avec du sens. Dans Au temps pour lui, Le temps ne fait rien à l’affaire, ou encore Boule de suif, j’ai trouvé un rythme à la limite du slam, et franchement, c’était génial ! Parmi les poèmes que j’ai préféré, je peux citer L’Afrique noire, qui a pour moi à la fois une belle réalisation mais également un message fort et intemporel : respecte et tu seras respecté. Respecte tes semblables, respecte celui que tu ne connais pas, respecte ta maison, respecte ta planète. Respect, le mot qui devrait régir notre condition d’humains emprunteurs. J’ai trouvé La jeune fille avec sa bassine d’eau très réussi également : de bons adjectifs, simples et parlants, pas d’expressions alambiquées… Bref, tout ce que j’aime dans un poème : des mots justes, bien choisis et qui touchent le cœur du lecteur. J’aime est également dans ma liste des +++ : un poème tout simple qui met à l’honneur un pays d’équateur. Il y a également un poème qui m’a personnellement parlé : il s’agit de A la télévision. Ne pas se tenir informé à dessein en ces temps troublé où l’actualité est accessible facilement, n’importe quand et n’importe où, ça me ressemble. Pour vivre heureux, vivons ignorant… Ça me fait mal, mais ça m’apporte bien plus de sérénité dans ma vie de tous les jours. Enfin, à part le terme « fortiche », j’ai adoré le poème intitulé Massada !

J’aimerais également mettre une mention spéciale à Question de goût et Togo, qui m’ont fait rire ! Le premier est un poème rigolo sur la nourriture et le plaisir de la bonne boustifaille, tandis que le second est très court, mais avec un beau jeu de mot sur Togo or not to go (Shakespeare rpz).

Voilà pour mon avis sur ce petit recueil de poèmes, par Bernard Massoubre… ça y est, j’ai envie de me replonger dans de la poésie !!! Bientôt peut-être sur le blog !

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