Cogito | Victor DIXEN

Alors, alors, alors… Tout d’abord, laissez-moi vous souhaiter une excellente année 2021 !!! On ne sait pas ce qui nous attend, mais on y va tous ensemble, alors autant le faire avec le sourire, les bonnes habitudes prises pour protéger notre santé et celle de nos proches… et haut les cœurs !!!

Ici, on commence néanmoins notre 2021 livresque en demie-teinte, pour ne pas dire en gris souris. Nuage noir comme dit le livre de Victor Dixen.

Un don du ciel…
Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n’importe qui en génie.
…ou un pacte avec le diable ?
Pour les vacances de printemps, Roxane s’envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l’intelligence artificielle pour  » améliorer  » la substance même de l’esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ?
Demain, l’intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société.
L’ultime frontière sera notre cerveau.

Un livre de science-fiction jeunesse dont j’ai trouvé la couverture de toute beauté il y a plus d’un an, lorsque je me le suis procuré à la suite de quantité de bonnes critiques vues sur boostagram. Alors, peut-être que j’en attendais beaucoup plus que ce qu’il avait à offrir, mais vous aurez deviné que ce fut une lecture assez décevante pour moi. Et pour cause, si on sent que le livre a fait l’objet de nombreuses recherches, notamment sur le fond (les intelligence artificielles, les bases de l’informatique, les origines des premières découvertes modernes, les grands courants philosophiques), j’ai eu trop d’impressions négatives pour que les côtés positifs du livre puissent contrebalancer.

Comme d’habitude, j’ai mal au cœur de critiquer un livre, dans lequel je sais qu’une personne a mis ses tripes, ses larmes et sa sueur, alors soyons clairs : ce n’est que mon avis parmi tant d’autres, il n’est ni vérité, ni sentence ! C’est mon simple ressenti, avec mes yeux d’adulte, qui d’ailleurs, sont surement trop vieux… Plus jeunes, ils auraient très certainement bien plus apprécié ce qu’ils ont lu.

Je vais revenir sur quelques points qui ont fait que ma lecture (rapide, certes, puisque j’ai lu Cogito en deux jours) ne m’a pas convaincue. Parlons tout d’abord de l’histoire en elle-même : il est clair qu’il devient compliqué, de nos jours, de trouver une idée qui n’ai pas déjà été traitée. Ici, l’intelligence artificielle et son omniprésence dans notre vie quotidienne, dans un future très proche, est le sujet de fond utilisé par l’auteur. Avec ses bons et ses mauvais côtés, on ne peut nier que la technologie nous entoure chaque jour davantage, nous rendant complètement dépendant. Dixen aborde avec intelligence les conséquences sociétales que de telles avancées technologiques causeront certainement bientôt. Pour le coup, c’est vraiment un bon point ! Par contre, j’ai eu une forte impression de réchauffé lorsque l’auteur abordait de lui-même les influences, pour beaucoup cinématographiques, qui ont orienté son histoire (Matrix, I-robot, Robocop, Terminator). Difficile de sortir des sentiers battus…

Le rythme de l’histoire, contrairement à beaucoup d’avis lus sur le net, ne m’a pas posé plus de problèmes que cela. Certes, la première moitié du livre est une mise en place, une présentation qui donne pas mal d’informations sur un monde qui a été travaillé. Il n’aurait pas fallu qu’elle dure plus longtemps. L’action qui arrive ensuite rééquilibre les choses, et c’est une bonne chose, car les évènements happent l’attention du lecteur, tel un bon page turner. Ce qui m’a plus ennuyée, c’est le côté répétitif des chapitres, surtout au milieu du livre. J’ai eu une vraie impression de tourner en rond, qui s’est heureusement débloquée lors du réveil vaseux de Roxane chez le dirigeant de Noosynth.

Un gros défaut qui a fait balancer le tout du côté obscure de la force (haha), c’est que je n’ai pas réussi à m’attacher ni à m’identifier aux personnages. Manque de crédibilité, de profondeur, excès de stéréotypes, c’est un fouillis incommensurable qui a entaché ma lecture plus que de raison. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Roxane, qui passe la première moitié du livre à se plaindre, et l’autre moitié à réfléchir comme si c’était un nouveau personnage. Ses sentiments exacerbés par sa colère sont plausibles, mais j’ai eu beaucoup de mal avec ses hésitations et ses retournements de veste, trop brutaux à mon goût. C’est véritablement là que j’ai ressenti un fort manque d’équilibre : elle pardonne à son père tout ce qu’elle lui reproche depuis des années en réfléchissant une seule seconde, ses sentiments envers les Clébardes sont également border line, puisqu’elle semble à la fois décidée à quitter la bande et son influence néfaste, et de l’autre elle se revendique chienne de la rue, tout en ayant envie d’avoir un avenir… Bref, tout est très brouillon, au service de l’histoire uniquement. Les adolescents qui sont sur l’île sont tous hyper creux, avec un ou deux traits de caractère seulement, pour pouvoir les distinguer les uns des autres. Cela fait très série américaine, si je puis dire. Le seul que j’ai trouvé à peu près attachant, c’est le rouquin qui vient de la zone franche (zone se refusant à toute technologie). Son histoire est touchante, mais ça s’arrête là (je ne me souviens déjà même plus de son prénom, c’est pour dire).

Quelques incohérences ont également sauté à mes yeux, comme le fait que tout ce qui date du siècle dernier (20ème siècle en gros), soit has been (qui utilise encore cette expression), ou encore que I-Robot soit une vieillerie sans nom là où l’expression « au pays des Bisounours » est toujours d’actualité…

En plus de ça, j’ai eu la désagréable impression d’être prise pour une idiote à qui il faut tout expliquer à travers les trop nombreuses pages noires explicatives qui rythment les chapitres. Ça nous ôte tout un pan de notre imagination, surtout que tout est déjà très détaillé dans le texte, et il ne faut pas se mentir, ce n’est pas bien compliqué à comprendre… Ajoutons à cela que les références philosophiques et cinématographiques ne sont pas du tout camouflées mais balancées comme ça, en gros pavés, avec une traduction à deux balle derrière, ça m’a clairement énervée !!! A côté de ça, on a tout juste les bases de l’informatique… Un gros déséquilibre qui m’a véritablement donné l’impression d’un étalage de références, pour le coup digne d’une copie de philo du BAC, mais qui ne paraissaient pas du tout naturelles dans le livre. Par contre, l’idée est vraiment prometteuse : interroger les limites de notre système, la cohabitation et l’équilibre entre les humains et les robots, avec cette menace qu’un jour, les machines puissent penser par elles-mêmes, nous surpasser voire nous dominer, c’est un vrai sujet de société qui fait froid dans le dos, mais qu’on peut de moins en moins ignorer.

En bref, il y a de l’idée, certainement que ce livre trouvera un lectorat et une attention particulière chez les ados, voire qu’il pourra leur donner envie d’en savoir plus, mais je passe mon tour sur la forme.

Ma note : 9/20

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :