Lady Helen T1 : Le club des mauvais jours | Alison GOODMAN

Londres, avril 1812. Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais d’étranges faits surviennent qui la plongent soudain dans les ombres de la Régence : une bonne de la maison disparaît, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?

D’un premier chapitre complètement normal, on arrive à un monde sombre et totalement fantastique, pour ne pas dire monstrueux, caché aux yeux d’un Londres en pleine époque georgienne. Un mélange des genres que l’on ne rencontre pas souvent, et un pari qui peut s’avérer risqué s’il n’est pas maîtrisé… Et bien ce premier tome a été une excellente surprise pour moi !

J’avais complètement craqué sur la couverture de ce livre, que j’ai vu passé en 2019 sur les réseaux livresques. Et en ce moment, vous savez que généralement, quand je fais ça, je suis déçue, déçue, déçue. Heureusement, il existe des romans comme celui-ci qui me confortent à continuer avec un peu plus de sagesse !

Les premières pages constituent une mise en place de l’univers de l’autrice, que j’ai trouvé très bien menée : elle nous immerge dans la haute société londonienne, avec la fameuse présentation à la reine des jeunes débutantes de l’année. Et petit à petit, le surnaturel fait son entrée dans le monde d’Helen, une jeune orpheline de 18 ans, élevée par sa tante et par son oncle. Prisonnière de ses sentiments, parfois contradictoires, et de la mauvaise réputation de feu sa mère, exécutée pour trahison à la couronne, on sent qu’elle n’est pas vraiment à sa place. On suppute des changements anormaux en elle à travers les premiers chapitres, mais les révélations arrivent rapidement, goutte après goutte, de façon plutôt maîtrisée, jusqu’à la soirée révélation où tout bascule pour elle et sa vision du monde. Le résumé spoile bien assez sans que j’en rajoute sur le fond.

De manière générale, l’univers est dense et bien décrit, et en tant que lectrice je me suis sentie transportée là où l’autrice désirait m’emmener. Côté personnages, ils sont tous plutôt bien construits, même si certains manquent un peu de profondeur. Néanmoins, ils fonctionnent tous, j’ai détesté les personnages à détester (comme l’oncle d’Helen, archétype du patriarcat, ou Lady Margaret, qui incarne l’adulation sans borne et dangereuse d’une femme dont l’amour va au-delà de l’adoration). Par contre, au contraire, j’ai aimé les personnages à aimer ! Helen a un caractère qui me convient, plein de questionnements, courageuse mais pas trop, contrainte par de multiples facteurs, avec un petit côté féministe auquel j’adhère, adapté à son époque. Son petit côté mordant, insolent, m’a particulièrement séduite. Je ne suis d’ordinaire pas attirée par les triangles amoureux, pourtant celui-ci ne m’a pas dérangée, peut-être parce qu’au fond il n’existe pas vraiment. Si Helen apprécie le duc Selburn, la bienséance et la facilité y sont pour beaucoup de chose, car tout au long du récit, le lecteur sait pertinemment lire dans le cœur de la jeune fille, où seul de visage de Carlston est gravé. D’ailleurs, les personnages masculins sont… masculins par définition. Ils ont tous ce côté protecteur et omniprésent du romantisme anglais, mais avec une certaine profondeur. Selburn est un peu le Mr Bingley de Jane, bien que je lui trouve un air plus louche qu’innocent avec un passé plutôt difficile (je trouve qu’il projette vraiment sur Helen l’histoire qu’il n’a pas pu avoir avec la femme dont il était amoureux et qui est malheureusement décédée). Carltson, lui, incarne parfaitement et bien évidemment le Mr Darcy d’Elizabeth : sombre, mystérieux, attractif et cachant bien ses faiblesses. Inutile de vous préciser pour lequel des deux ma préférence va ! Darby a une force de caractère qui sied parfaitement à la « main » d’une Vigilante (pour savoir ce qu’est une Vigilante, je vous renvoie à la lecture de ce premier tome !) et j’ai bien aimé la tante d’Helen, tiraillée elle aussi entre sa position et ses sentiments. Par contre je n’ai pas pu souffrir le frère d’Helen, Andrew, que j’ai trouvé… détestable, changeant, capricieux et égoïste. Ça, c’est fait !

Si je dois retenir a contrario un aspect non pas négatif, mais plutôt à travailler : à deux ou trois reprises, j’ai relevé quelques lourdeurs dans les dialogues, ou plutôt, j’ai senti que la réplique n’était pas naturelle mais là uniquement pour meubler ou enchaîner sur la révélation.

Bref, un livre magnifique, une histoire qui transporte, un soupçon de fantastique et le tout, maîtrisé, je valide et je n’ai qu’une hâte : me plonger dans la suite de la saga !

Ma note : 16/20

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